vendredi 31 octobre 2008

Rendez-vous Postal

J'avais rendez-vous cet après-midi avec un conseiller financier de la Poste. Je me suis présenté avec deux minutes de retard, mais le monsieur était là.
Nous nous sommes reconnus sans problème. Installés dans son bureau vitré, nous attaquons les virement de fonds d'un compte à un autre. Il faut en fait vider les LEP, puisque notre impôt sur le revenu dépasse le montant plafond autorisé pour un tel livret. Ce n'est pas que nos entrées d'argent aient augmentées, non ! C'est uniquement parce que nous avons moins d'enfants à charge et donc moins de parts. En parallèle, plus d'allocations du tout, donc encore moins d'entrées d'argent.
Pendant qu'il tapait sur le clavier, je regardais cet homme. Dans les 35-40 ans, gras, marié au vu d'une alliance, fumeur. Il connaît son sujet. A un moment, alors qu'il répond à un coup de fil, il se renverse sur son fauteuil, mettant en évidence un ventre proéminent soutenu par une ceinture à boucle carrée. Aime-t-il son métier ? Quels sont ses hobbies ?
Bien sûr, il essaie de me vendre, une fois de plus, un produit financier. Cette fois, c'est encore une assurance vie. Avec option "sans la bourse". Je ne veux pas placer quoi que ce soit dans un produit boursier. Il me donne de la lecture, mais je refuse de prendre un autre rendez-vous avant d'avoir discuté avec ma femme de toutes ces questions.
Une dernière poignée de main, je repars sous le parapluie blanc et rouge. Il ne pleut presque plus. Les trottoirs sont noirs et luisants, le ciel est plombé. Je crois que je vais faire un gâteau.

Courgeries



Ça y est, nous sommes en pleine saison de la courge !
Chaque année, certains exposent au grand jour leur amour de la courge, leur culte occulte, leur passion des cucurbitacées. Ce qui se traduit par des expositions de rondeurs sur lesquelles des grimaces et des cris muets ont été incisés.
Autant dire que je n'apprécie pas cet étalage. D'autant moins lorsqu'il s'impose avec si peu de vergogne et tant d'ostentation. Et de mauvais goût le plupart du temps.

La couleur orange, que j'adore, se répand dans tous les médias. Bêtement, parce que c'est ce qu'il faut faire en ce moment. Mais elle n'est pas seule, sa copine imposée est omniprésente. Ce sont des kilomètres de films d'horreur et des heures de fantômes, de vampires et de musiques tremblotantes qui nous assaillent à chaque coup de zapette.

Mais que se cache-t-il derrière tout ça ?
Parler de la mort, celles des autres, des inconnus, en se moquant fait-il passer la peur, voir l'angoisse, de sa propre mort ?
Faire surgir du néant et de l'imagination des monstres et des situations horribles aide-t-il à oublier que la vie a une fin dont nous ne maîtrisons pas la suite ?
Affronter des peurs irrationnelles en essayant d'en rire est-il le meilleur des remèdes ? Cela me semble plutôt être du même genre qu'une drogue pour oublier le réel.
On est loin d'une réflexion posée qui permettrait d'affronter notre angoisse existentielle. Car, il s'agit bien d'angoisse.

En attendant, rions, c'est ce que nous faisons de mieux, depuis si longtemps. Rions jaune ou orange. On verra pour du bleu plus tard.

mercredi 29 octobre 2008

Chatterie

Ce que j'aime bien, voire beaucoup, quand je vais à la campagne, c'est les câlineries des chats.
Bien sûr, tous les chats ne sont pas sociables, mais celle-ci est très collante.
Elle vient se frotter tout en miaulant de longs discours auxquels nous répondons de notre mieux. Nos "miaou" doivent être bien ridicules.



Elle insiste et je ne la chasse jamais. Il faut faire attention à ne pas la laisser entrer dans la maison, car elle pourrait y rester coincée si on ne la voit pas. D'ailleurs, d'après mon beau-père, elle est restée trois jours dans la maison. Il n'a pas trouvé de crottes ou de pipis. Je crois qu'elle a dû faire derrière le divan, car j'ai senti une drôle d'odeur ces derniers jours. Mais je ne savais pas encore cette information.


Comme elle ne peut entrer, elle reste derrière la vitre, jusqu'à ce que je ferme les volets. Je suis alors obligé de la pousser un peu, sinon, elle resterait entre la fenêtre et les volets.
Je ne sais pas à qui est cette chatte, elle est là, contente de nous faire des mamours.
Pas de risque que je l'emmène chez moi, elle a droit à sa liberté et moi à ma tranquillité.

Riens, petits riens

Je ne sais pas ce que j'avais dimanche matin, mais j'ai cru que j'avais oublié de prendre mon appareil photo alors que je l'avais posé dans la voiture. Quand je me suis rendu compte de de mon erreur, je me suis dit que j'avais intérêt à me calmer pour prendre la route.
Le soleil chauffait bien l'habitacle de la voiture et le lumière plus rasante effaçait les bandes blanches sur la chaussée de l'autoroute.
Mes beaux-parents m'ont paru en forme, même si ma belle-mère est toujours aussi stressée. Après le repas, les femmes sont parties se promener et les hommes ont regardé les photos sur l'ordi et fait de la musique. Mon beau-père a, pour l'occasion, ressorti son livre d'allemand de sixième et j'ai saisi sur le compositeur un vieux chant teuton qui parlait de moulin. Mon beau-père était étonné que tant de choses tiennent dans un disque dur d'ordinateur.
L'après-midi s'est achevée par une partie de scrabble à laquelle je n'ai participé qu'en spectateur.
La vieille maison de campagne était tiède, pleine de souvenirs, les photos de famille immobiles aux mêmes places depuis si longtemps.
Les distractions reposent sur la télé et la lecture, éventuellement un jeu de cartes, mais pas cette fois. Le téléphone ne passe pas et la wifi on plus.
Les nuits sont longues, silencieuses, éclairées par le lampadaire de la rue.
Le raisin est presque complètement mûr sous la tonnelle jouxtant l'église.
La cuisinière à bois a besoin d'être nettoyée. Un bon coup de "Acierpol" devrait faire l'affaire.
Les patins du premiers étage font une réunion de "vente à la maison", les gros radiateurs irradient la chaleur emmagasinée, la chambre rose restera fermée.
Le lit disparaît sous les couvertures et la tapisserie de velours qu'un crucifix contemple du milieu du mur.

Les nuits sont longues, calmes, juste dérangées par des envies de faire pipi, envies qui savent s'imposer et interrompre le sommeil.
La pluie nous a dissuadé de nous promener. Nous sommes restés au chaud, entre télé, livres et ordi.
Les kakis ne sont pas encore mûrs. La grosse courge orange étaient en partie pourrie mais fut très bonne dans la soupe.

Le retour à la maison s'est fait sous un fin crachin. Sur le chemin, nous nous sommes arrêtés pour embrasser les parents de ma femme.
Je viens de rentrer les plantes qui passent l'été sur le balcon. Le froid est de retour. Nous mettrons le chauffage dans quelques jours, rien ne presse.

dimanche 26 octobre 2008

Décalons



Ce matin, le brouillard masque les immeubles les plus proches, diffusant une lumière laiteuse qui laisse espérer un soleil assez proche. On se croirait en montagne.
Le tilleul a encore de nombreuses feuilles vertes et quelques unes jaunes. Il faudrait que je rentre les plantes qui sont sur le balcon avant qu'il ne fasse trop froid pour elles.
Hier soir, j'avais intégré que nous avions tous une heure de plus pour dormir. Pour dormir... c'est pas dit ! J'en connais qui ont dû faire tout autre chose.
Je me suis couché assez tard, ce qui n'est pas inhabituel.
J'ai dormi d'une traite jusqu'à un premier réveil dont je ne situe pas l'heure. Je ne regarde généralement pas l'heure, je sais juste s'il fait jour ou non. Là, il faisait nuit. Ma femme n'était plus là et je n'entendais aucun bruit venant du dehors ou de la maison. Je me suis retourné et rendormi. Plusieurs fois. Jusqu'à ce que le jour soit vraiment là.
Il était 9 heures !
Quelle grasse mat' ! Je crois que j'ai décalé dès la première nuit.
Le mieux, le meilleur, c'est que je suis en vacances cette semaine. Nous partons trois jours à la campagne vers Valence. Puis retour à Villeurbanne.
Allez, il faut se préparer, nous partons dans une demi-heure.

samedi 25 octobre 2008

Même en dormant

C'est ma femme qui m'a raconté cette histoire, parce que moi, je ne m'en souviens pas.

Vers 3h20 du matin, ma femme se fait réveiller par le drap qui bouge comme pour aérer le lit.
Il semblerait que je sois en train de secouer le drap.
Elle se tourne de mon côté pour changer de position et décide immédiatement de changer de côté, parce que de toute évidence ça ne sent pas la rose.

Même en dormant, parce que je dormais sinon je me serais abstenu, je suis capable de dégazer et d'en rajouter. Je ne me savais pas somnambule.

Le fils s'occupe du père

Nous voici samedi matin. J'émerge doucement après une nuit presque complète. Hier soir, nous sommes allés faire la rando roller du vendredi soir. Il faisait frisquet mais pas trop. Mon nouveau voisin de palier était de la partie. Je n'ai pas vraiment trop pris le temps de discuter avec lui, car S et moi avions plein de choses à nous raconter... et j'aime bien discuter avec S - qui laisse des messages anonymes sur mon blog pour que ceux qui le connaissent ne le reconnaissent pas. Malin !
Rentrés tard, j'ai quand même regardé l'émission de déco sur W9 : ravalement et reconstruction de femmes. Ah ! largement plus fort que le maquillage !

Donc ce matin, un peu vaseux, je comptais comptine à mon fils S² (vous savez, mon refrain de ce moment, agrémenté des couplets), lorsque JE² me téléphone. Il voudrait qu'on aille voir pour mes rollers. Je ne suis même pas habillé... Mais d'accord.

Le magasin de rollers est ouvert. Peu ou pas de monde. Le vendeur n'a de blond que ses cheveux, ce qui vaut mieux quand on a affaire à un gugus comme moi. Pas de chance pour aujourd'hui, ma taille n'est plus en stock. Je fais du 43, comme tous les mecs, on dirait.
J'essaie quand même quelques paires.
La première, belle paire avec des bandes rouges et des roues rouges, me plaît mais le bout de la chaussure me serre affreusement les orteils. Dommage, je devrais attendre pour essayer la taille au dessus. Une autre paire ne me fait mal que sous la malléole droite. Par contre, les couleurs et la forme me laissent froid.
Le vendeur, qui n'a jamais souri mais a montré un beau professionnalisme (c'est bien dans ce sens !) a rajouté des semelles pour une paire de 45 (deux tailles de plus) que j'ai donc pu essayer. Mieux, mais pas convaincant. Je tiens particulièrement à avoir des rollers qui ne me fassent pas mal aux pieds dès le début.
Le vendeur a fait preuve d'une grande patience et a su ne rien imposer ni contrarier le client difficile que je suis. Bravo ! Je peux dire, qu'à côté de ça, il n'est pas mon type et que la relation est restée très correcte. Il a fait bien des efforts pour répondre à mes attentes.
Heureusement, aucun client n'est venu nous déranger.
JE² a dû prendre une ou deux photos de son casse-pieds de père. Enfin, j'espère ne pas être trop casse-pieds.
Et puis, avant de partir, une fois que nous avions constaté que rien n'était à ma taille et qu'il fallait attendre environ trois semaines pour que les stocks aient remontés, nous avons entamé des échanges sur les randos roller de Lyon. Lui et moi les faisons, mais pas dans les mêmes associations. Ce qui n'est pas fait pour me déranger puisque je suis pour la pluralité. Le deux randos du vendredi sont différentes et permettent donc aux gens de pouvoir trouver ce qui leur convient le mieux. Pas besoin de se faire concurrence ou d'aller cracher sur les autres.
Je connais des personnes dans les deux associations, j'ai choisi la mienne en connaissance de cause.
L'un dans l'autre (vous pouvez sourire, pour ceux qui comprennent autre chose; pour Thom, je peux donner les explications), nous sommes restés plus d'une heure. J'espère ne pas avoir abusé de la situation ni paru trop pénible. Pauvre vendeur, mais vrai vendeur.

C'est très certainement là que je vais acheter mes tout prochains rollers. Car c'est une nécessité, je dois changer mes rollers.

JE² et moi sommes rentrés à la maison où une belle et bonne tourte aux épinards et saumon, préparée par ma femme, nous attendait.

vendredi 24 octobre 2008

Restau avec JE²

JE² a eu la bonne idée de s'inviter à manger avec moi à midi. Je m'étais rendu compte qu'il n'était jamais venu manger avec moi au Verdi, une pizzeria sur le boulevard des Brotteaux.
Comme il se retrouve entre deux boulots, il a plus de temps. Et il a pensé à moi.
J'avoue que ça m'a fait plaisir. Qu'il pense à moi, qu'il veuille prendre du temps avec son vieux papa. Sans vouloir rattraper les occasions perdues qui ne reviendront plus, celle-ci est à savourer tranquillement.
Mais, comme JE² est souvent très occupé, avec des activités de dernière minute ou prévues de longues dates, ce temps de midi fut moins long que je ne l'avais espéré. C'est comme ça, je ne me plains pas.
J'avais réservé pour deux personnes, même si cela n'était pas nécessaire en cette saison.
Le Verdi fait d'excellentes pizza et de belles et bonnes salades. Il est en nette régression du côté des serveurs, qui, s'ils restent souriants et rapides, sont parfois tête en l'air et d'un aspect négligé. Où est donc ce beau mec musclé et tatoué, où est-il parti ?



Nous nous sommes installés à l'étage, à une petite table de deux, à côté de deux mecs. La première chose que nous avons faite a été de baisser le son de la radio qui beuglait des publicités. La salle était franchement vide, ce qui m'arrange bien question bruit.
J'ai pris une salade au saumon et JE² une pizza des quatre saisons.
Tout en mangeant, nous avons parlé de tout et de rien.
D'abord du feu travail de JE², de ce qu'il en retirait, du comment il vivait la situation, de ce qu'il comptait faire ensuite. Puis j'ai ressorti mon refrain sur S². J'appelle ça un refrain, car j'ai l'impression de ne plus parler que de S² à tous ceux qui veulent bien m'entendre. Je m'en excuse.
Du coup, je me demande si j'ai suffisamment écouté JE², si je lui ai prêté assez d'attention. Peut-être est-il habitué. J'ai fini ma salade après lui, je me doute d'avoir trop parlé.
Ce fut un moment agréable et très naturel pour ma part.

En repartant, nous avons refait une halte devant le magasin de rollers, admirant les belles ribambelles de roues de toutes les couleurs. Il faut que je m'achète une nouvelle paire de roller et il se pourrait que ce soit dans ce magasin.

Merci JE² (je ne l'appelle pas comme ça en réalité) pour ce temps tous les deux.

jeudi 23 octobre 2008

Rencontres

Aujourd'hui, pas de vélov, mon abonnement est fini, j'attends que le suivant démarre. Avec "eux", c'est pas la peine d'être pressé.
J'ai donc pris le métro où je trouve que ça sent mauvais. Toujours les mêmes comportements de personnes idiotes. Comme ces deux mecs, style loubard, qui se sont assis à côtés de moi, jouant les amoureux complices. Complètement improbable. J'ai quand même eu droit à un beau sourire de l'un d'eux lorsque je suis passé entre eux.
A "ma" station vélov, deux jeunes hommes s'occupaient des vélos. J'en connais un depuis longtemps, on a donc discuté de ce système et des nombreux inconvénients. Bien sûr, le manque de moyen mis en place est la source d'un grand nombre de problèmes. Le jeune réparateur va changer de secteur. Dommage.

Les nouveaux voisins avaient invité leurs voisins à un apéritif pour faire connaissance. Je les aime bien ces deux-là.
Nous sommes arrivés les premiers, les autres ont suivis. Petits toasts, champagne, les discussions sont allées bon train. Une des voisines, disons à côté de la plaque, a fait une apparition, heureusement sans faire de dégâts. Mais ses anciens amis ne lui ont pas fait la fête et un des voisins est parti dès son entrée. Pas grave.
Le temps a passé trop vite. Je les ai invité à venir à la rando roller demain soir, ils sont partants !
Simples, loquaces, attachants.

mardi 21 octobre 2008

VéloVache

V comme Vache, pour les Vélov.
Il devient de plus en plus difficile de trouver un vélov en état de marche.
Et depuis un mois, la société en charge du système a lancé une campagne de dénonciation des vélos en panne. Il faut appeler le numéro vert, PAYANT depuis un portable, pour signaler les dégradations. Comme c'est payant, on s'abstient.
Lundi matin, j'ai dû faire trois stations pour décrocher un vélo et deux stations ce matin.
Ce soir, j'en ai fait trois.
A la deuxième, l'écran m'annonce que ma carte est en "erreur 11" et de me suggérer d'appeler le fameux numéro vert PAYANT. Je n'ai pas trop le choix, j'appelle.
Une jeune femme me répond et je commence à lui expliquer le problème. Elle me propose de recommencer l'identification, qui, cette fois fonctionne. Alors qu'une quinzaine de vélos sont sur les bornettes, seuls trois sont proposés. Bien sûr, il fallait s'y attendre, ils sont tous les trois inutilisables, soit par la chaîne qui pend, soit par une chambre à air qui gît sur le sol.
J'en prend mon interlocutrice à témoin et, pendant que j'y suis, je lui indique tous les cadavres de la station. Et pourtant cette station est une des plus grandes.
Je commence à râler, précisant que c'est une véritable galère pour avoir un vélo autant le matin que le soir. La preuve. Plusieurs personnes font d'ailleurs la queue, en vain puisque rien ne fonctionne.
"Les vélos sont victimes de leur succès", me dit-elle, ce à quoi je réponds que c'est plutôt un échec. Vandalisme, inorganisation, manque de moyens. Ça ne marche pas trop bien. Et ce soir pas du tout.
On peut même voir deux vélos malades posés l'un contre l'autre et pas sur une bornette.
Je dois être assez véhément, la pauvre interlocutrice en est quitte pour de longs silences qu'elle interrompt une fois par "mais vous n'écoutez pas ce qu'on vous dit !", mais chère madame "cela m'arrive très souvent". J'essaie de la rassurer, je n'en ai pas après elle, mais juste après ce système que je trouve mal géré. Elle, elle est là pour écouter mes récriminations. Ç'aurait pu être une autre.
Je pars vers la troisième station, je décroche le vélo numéro 6, les quatre premiers sont inutilisables. Je le dis à la dame que j'ai toujours au téléphone. Je lui dis au revoir, elle me souhaite une bonne soirée.

Je me suis bien sûr aussi plaint que les stations vers chez moi étaient vides presque tout le temps. Je l'ai déjà signalé, sans voir de changement. Mais à quoi ça sert alors ? Mystère.

En attendant, mon abonnement s'arrête demain. Je me demande bien quand donc le renouvellement sera pris en compte, je l'ai envoyé voilà deux semaines. Vaches de vélos !

lundi 20 octobre 2008

Bube oder Mädchen ?

Lorsque j'étais en quatrième ou en cinquième nous faisions des échanges entre collèges. Un en France, un en Allemagne. J'aimais la découverte, l'inconnu, la nouveauté, la liberté aussi.
C'est lors d'une de ces semaines passées non loin de Frankfurt sur le Main que je fis ma première expérience du baiser avec la langue. Avec des filles.
Un jour, je me baladais dans une fête foraine locale, avec manèges, baraques, fanfare en musique.
Alors que j'achetais une friandise quelconque à une de ces femmes grasses et blanche, elle me demanda "Bist du ein Bube oder ein Mädchen ?".
Plusieurs choses se percutèrent simultanément dans mon esprit. D'abord comprendre ce qu'elle me voulait. Ensuite, réaliser que ça n'avait rien à voir avec ce que j'achetais et que sa question me concernait. Et je ne comprenais pas tous les mots de la phrase, peut-être lui ai-je fait répéter pour saisir tous les mots et gagner du temps. De fait, je ne compris que "Es-tu un ... ou une fille ?".
J'en fus meurtri qu'on puisse me demander ça. Quelle impolitesse ! Et qu'est-ce que ça pouvait bien lui faire si elle ne savait pas distinguer.
Ne comprenant pas le premier mot, je choisis de nier le second que je comprenais, et j'ai donc répondu "kein Mädchen", ce qui la satisfit.
Je sais bien que mon apparence d'alors était tout à fait indifférenciée. L'époque le voulait avec les cheveux mi-longs que nous avions tous, filles et garçons. Et puis, je n'avais pas de référence masculine sous les yeux pour me servir de modèle. Et fin de compte, je ne m'en souciais pas du tout. D'ailleurs, cet scène n'a été dérangeante que peu de temps. Pourtant elle me revient aujourd'hui.

Depuis, j'ai travaillé mon image, celle que je donne aux autres, surtout celle que j'ai de moi.
Depuis, je n'ai plus besoin de nier pour me positionner, je choisis ce que je suis.
Pour le reste, je marche.

A deux chez Ginette

Pour le repas de midi, trouver un restaurant n'a pas été sans mal.
Le premier auquel je pensais, en bord de Saône, était fermé. de toute façon, les prix étaient un peu au-dessus de ce que j'estime correct pour un menu.
Dans la lancée, nous avons poussé jusqu'à Anse, petite ville bordée par l'Azergue.

Juste à côté du trou du chat, nous avons eu, R et moi, l'attention fortement attiré par un bel homme qui garait sa voiture dans cette rue tout étroite. Il rentrait chez lui avec des baguettes et un tarte. Nous avons attendu jusqu'à ce qu'il mette la clé dans la serrure, et R en a profité pour lui dire bonjour. Bonjour qui a été retourné. Un instant, je me suis imaginé qu'il nous inviterait à entrer, mais il a disparu derrière le mur. Cet épisode m'a montré, une fois de plus, tout l'art de R quand il s'agit d'entrer en contact. Il est trop fort, R !



Après le trou du chat, nous nous sommes retrouvés dans le castrum de Anse, endroit que les romains avaient construits et habités. Nous avons tournés et retournés jusqu'à revenir sur la rue Nationale pour planter notre regard dans la vitre du restaurant Chez Ginette. Je dois reconnaître que j'étais impressionné par la tablé de pompiers qui occupait tout le champ. En même temps, un homme, jeune, sortait du restaurant pour prendre sa voiture garée à cinq mètres. R et moi étions d'accord sur le monsieur : il en est.
Nous avons finalement franchi le pas (de la porte) et avons rencontré Ginette, une femme alerte d'un âge avancé. Et nous avons pris place juste à côté des pompiers. Deux plats du jours dans le menu, ce qui en fit un pour chacun. Ceci dit, R avait choisi comme moi le navarin d'agneau plutôt que le chili con "cornet" (dixit Ginette). Mais partager son plat, c'est le summum de la vie à deux, juste après le lit, bien sûr.



Les pompiers étaient bavards mais pas bruyants, juste ce qu'il faut si on voulait suivre une conversation à la table d'à côté. Mais, R et moi n'avons pas laissé un seul instant de silence.
De l'autre côté du petit muret rouge se sont installés cinq hommes autour de chocolats et de cafés, sortant des plans de maisons qu'ils commentaient calmement. Ah, les yeux verts de l'un d'eux !
Nous avons commencé par un buffet de lyonnaiseries, puis le plat chaud est arrivé sans attendre. Car ici, le service est très bien fait, très attentionné, sans exagération. J'ai bien aimé toutes ces dames qui se sont occupées de nous.
Je ne sais plus de quoi nous avons parlé, peut-être de sexe, de famille, de nourriture, de boulot. Oui, c'est ça, nous avons discuté de ce qui fait nos vies, tout simplement.



Les pompiers sont partis les premiers. Une seule femme, mignonne, parmi une dizaine d'hommes d'apparence banale. On a vu mieux, ... et bien pire.
Une ou deux fois, Ginette est venue nous demander si tout allait bien, puis vers la fin, la cuisinière est même passée nous tailler une mini bavette. J'aime bien ce genre de personne, naturelle et accessible.
En dessert, R a pris exactement comme moi, à croire que nous avons les mêmes goûts (je sais que nous aimons bien des choses de la même façon). Je dis que c'est lui qui a pris comme moi, car j'ai annoncé mon choix en premier. Une tarte coco et une boule de glace vanille pour faire glisser. Puis un café que j'ai fini bien après R, je ne bois pas le café très chaud.
Je n'ai pas réussi à voir l'homme aux grandes oreilles qui semblait si sexy aux yeux de R. On se demande bien pourquoi il ressent ça ! ...
Nous avons payé, remercié Ginette, puis remis nos fesses dans la voiture, direction Villefranche sur Saône.

Je recommande ce restaurant dans lequel nous avons trouvé toute la chaleur humaine et la nourriture terrestre que chacun est en droit d'attendre.
Vivement le prochain restau avec R !

dimanche 19 octobre 2008

Soirée mariage

Nous voici donc invités, ma femme et moi, à l'un anniversaire de mariage d'un couple du quartier, qui a lieu dans la soirée du samedi.
Ami lecteur (clin d'œil à Gawoul, entre autres), tu devines déjà que j'y vais presque à reculons. Ce que tu ne sais pas, c'est que j'en ai aussi plein les pattes puisque j'ai marché par monts et par vaux en ce beau samedi ensoleillé, et que je me suis couché (encore) trop tard ce vendredi soir après l'épisode haletant de miss Swan.

Ce couple, heureux au demeurant, m'est assez sympathique. C'est déjà un très bon point. Pourtant, je leur trouve étranges, déphasés, parfois agaçants. Mais tellement extra-terrestres, que je peux tout leur passer.



Une vingtaine de personnes vient à cette soirée, où les animations ne manqueront pas. Nous avons droit aux questions dos à dos pour lui et elle, aux chansons circonstanciées qui retracent la vie du couple (même la pré-vie du couple), aux cadeaux pour rire, aux cadeaux pour de vrai.



Certes, je suis loin de connaître toutes les autres personnes, et les présentations se font dans la joie et le brouhaha. Un verre de sangria à la main, je sirote et discute avec les uns ou les autres.
Le démarrage est long, tout prend du retard, j'ai sommeil. Je saurai être patient, jusqu'au bout.
Pour une fois, je suis au milieu de la table, bien placé. Je fais bonne figure et reste d'un calme olympien. Je souris, je discute, mais ne ris pas.
Rien ne me convient dans le repas, mais je n'en dis pas un mot. La paella est infecte, sans goût, au riz pas cuit. J'essaie de m'empiffrer des gambas insipides que la plupart des autres ne mangent pas. Rahhhh, mais où est la bonne nourriture ?



Par chance, à aucun moment je n'ai eu réellement besoin de changer de monde, je suis resté présent presque à cent pour cent.
J'ai grandement été aidé par un ensemble de haut-parleurs qui beuglaient pour attirer l'attention ou pour déclamer des bêtises. Parmi ceux-là, un mec à lunettes débitaient des grossièretés sans même sans rendre compte.
Dans cette large panoplie de clowns, j'en redoutais deux que d'habitude j'essaie d'éviter. Une mère et une fille qui ont le verbe facile et tonitruant. Elles se débrouillent toujours pour tout ramener à elles, dans une bruit d'enfer. Par avance, je m'étais construit une bonne couche protectrice qui m'a permis résister aux ondes sonores. D'ailleurs, je me suis même penché, à un moment, vers ma voisine, qui n'était pas en reste, en lui disant "où est le bouton du volume ?". Puis en lui touchant l'oreille, où se trouvait un fleur de diamants, je lui dis "ah ! je l'ai trouvé, je vais baisser le son !".

Je trépignais vers 22H30 et nous sommes rentrés vers 1H15. Je rongeais mon frein et j'étudiais les personnages. Il faut bien s'occuper quand on n'est pas acteur.
Le mariage de ce couple a l'air d'une vraie réussite, ce qui me réjouis. Longue vie à eux !
Dans le fond, je ne me suis pas trop ennuyé, j'ai fait toutes les photos que je voulais, j'ai rencontré deux trois personnes sensées, j'ai mal mangé mais presque trop, je n'ai pas dansé, d'ailleurs personne n'a dansé.
Je ne vous dis pas comme je tenais la forme ce matin ! Ah si, je vais vous le dire : j'étais nase. Une bonne sieste m'a un peu requinqué. Je devrais avoir assez d'énergie pour le boulot demain.