lundi 25 avril 2005

La vie et ses merveilles

C'est le titre d'un ouvrage publié en 1967.
Cette mini encyclopédie m'a fasciné pendant mes jeunes années. J'en ai passé des heures à lire, regarder les illustrations, à rêver devant les planches en couleurs !

A chaque fois, en ouvrant ce livre à la couverture cartonnée, je m'arrêtais sur la page de garde, celle laissée en blanc par l'éditeur.
Et je relisais les mots si forts que mon père avait écrit de sa main brisée, ces mots qui me portèrent si longtemps, même si je n'en comprenais pas toute la signification :

A mon grand garçon

Heureux petit bonhomme
Qui vient d'avoir 9 ans
Amuses toi et batifoles
Car hélas ça ne dure qu'un temps



Mes plus doux baisers


.Papa.


Batifolé, je l'ai fait ! Souvent pour cacher mes larmes.

Mais rien ne pouvait me manquer plus que ta tendresse, toi loin de moi.
Plus tard, bien plus tard, j'ai retrouvé le bonheur de me laisser enserrer dans tes bras, de recevoir tes doux baisers.
C'est presque tout ce qui me reste de toi, maintenant. Tes mots d'amour inavoué, ton regard d'enfant espiègle, ta force paternelle.

Ton fils.

samedi 23 avril 2005

Matin

Ce matin, je me réveille dans ton lit.
J'hésite à faire surface, je voudrais encore rester dans cette brume silencieuse.
Des sensations me reviennent.
Ta main qui me cherche, ton bras qui m'entoure. Tu te loves contre mon dos. Tu poses un baiser entre mes épaules. Je crois que je me rendors.
L'heure avance, il faut sortir du sommeil.
Je me tourne vers toi, regarde ton visage aux paupières closes, pose ma tête sur ta poitrine nue. Le contact de tes poils me rassure sur ta présence. Je soupire, je me rapproche encore plus, entrelaçant mes jambes dans les tiennes, aspirant ton odeur. Ta main me trouve, ma main t'enserre.
Ton envie de moi confirme mon envie de toi, elles se rejoignent tendrement.
L'heure nous précède. Nos corps se séparent.
Nous n'avons pas échangé de bonjour, nous ne nous étions pas quittés en fait.
Matin.

Attente

Il est 19h00, les cloches me le confirment. Je presse le pas pour ne pas être en retard.
Dans tous ces boutons, je trouve le bon. "Oui ?" . J'hésite, je ne sais plus quoi dire, puis finalement "Bonjour, c'est monsieur *****". Bzzzz, le loquet se débloque, je prends une photo de la cathédrale, pousse avec peine la porte massive.

Un premier petit couloir tapissé de boîtes aux lettres, une petite cour, un escalier jusqu'au premier. Je m'apprête à frapper, faute de sonnette visible, quand la porte s'ouvre. Echange de bonjours, excuse pour le rendez-vous qui n'est pas terminé, il m'accompagne jusqu'à la salle d'attente.
Les murs sont peints de couleurs franches, jaune, bleu, carmin, blanc, chaque pièce ou couloir ayant leur palette propre.

Des voix résonnent derrière les portes fermées, les pas sonores rythment les propos.
En passant la porte, j'hésite - encore une hésitation, je dois être troublé - puis lâche un faible bonjour comme un mouchoir qu'on laisserait tomber. Deux femmes sont là, une seul semble avoir entendu et me répond.
Silence ponctué par les pages glacées qui se tournent.
Je choisis une chaise à dossier rond, pose mes affaires et vais jeter un coup d'oeil à la fenêtre qui donne sur une autre cour intérieure.
Je mémorise le lieu par une photo, puis vais m'assoir.

Je reste là, sans rien faire, attendre, penser, dormir peut-être.

Au loin, des conversations, des éclats de voix comblent le vide des murs muets.
Un bruit de pas féminin annonce la venue d'une chevelure bonde et bouclée. "Madame *****", lance un bref regard puis repart immédiatement. Une des femmes se lève et quitte la pièce.
Celle qui reste en face de moi est absorbée dans un livre, tête baissée. Son aspect est fragile, presque chétif. Un instant elle repousse le livre, relève la tête. Je vois son visage, marqué, déformé, sa bouche qui pend légèrement sur un côté souligné par un pli sombre. Ses yeux chavirent derrière des lunettes fines et élégantes, comme si elle poursuivait intérieurement sa lecture. Elle semble ne pas respirer, dodeline de la tête, puis replonge dans son livre en déplaçant le marque-page.
Nous ne restons pas seuls longtemps, un homme entre, dit le traditionnel bonjour auquel je réponds seul, puis s'assoit sur la chaise à ma gauche. Je le regarde du coin de l'oeil. Une de ses chevilles est habillée d'une attelle en plastique qui recouvre en partie sa mini chaussette bordée de bleu turquoise.
Mes pensées vagabondent, mon regard scrute et observe. Le voilà qui se lève, change de place, met sa tête entre ses mains comme pour pleurer, immobile, soupire, attrape un dépliant et essaie de s'absorber dans son déchiffrement.
De nouveau des pas, puis la même chevelure qui invite ma voisine à venir. Elle referme le livre, rassemble ses affaires posées à sa droite sur la banquette. Elle se lève, chancelante, prend son sac à main et son manteau avec des gestes saccadés. Sa robe ne peut que confirmer sa maigreur et démontrer son très bon goût vestimentaire. Elle s'échappe en claudiquant, élégante impératrice romaine dans ses escarpins pointus. De la très grande classe !
Me voilà seul avec cet homme. En silence, comme dans un lieu de prière.
Il me reste combien de temps encore à attendre ?

vendredi 22 avril 2005

Soirées

Semaine chargée, semaine heureuse.

J'en étais resté à l'élection du pape. L'évènement lui-même m'a ému, le bonhomme m'a déçu. J'aurais préféré une bonne surprise. Basta, je n'en parle plus !

Donc mardi, sitôt les photos mises sur mon précédent post, j'ai filé chez Ludo !

Cette fois, j'avais retenu le code de l'immeuble (les derniers chiffres correspondent à son âge). Pour l'étage, je n'ai jamais eu de problème, c'est comme ça.
La première porte n'est jamais fermée, j'ai frappé à la deuxième. Il m'a ouvert, je suis entré et ne lui ai pas laissé la possibilité de repousser la porte. Je suis si bien dans ses bras. Au passage, j'ai vu qu'il était bien habillé, chemise gris foncé et pantalon noir.
Regards, tête sur épaule, entre-jambe, fesses, dos musclé, bras.
Il a malgré tout réussi à préparer une superbe sauce de salade aux lardons.
Un fin cuistot !
Le repas fini, et la table débarrassée, direction le lit !
Et comme je suis pudique (vous n'avez qu'à lire ce que j'ai écrit avant pour vous en rendre compte), je ne parlerai pas des câlins torrides qui ont réchauffé la couette, ni des bisous, lèches, caresses, collages, massages qui ont déferlés dans ce lieu. Peau contre peau, je serais bien resté toute la nuit !
Nous avons aussi pas mal parlé, pour se connaître, pour se reconnaître.
Nous avons encore le temps.
Il est doux, viril, attentionné. J'aime vibrer de plaisir reçu et le sentir défaillir.

Puis mercredi, resto avec ma femme.
Depuis quelques temps, il nous est apparu comme une difficulté de pouvoir communiquer. Trouver du temps et des mots, de l'attention pour l'autre.
Bien sûr, rien n'est comme 'avant', lorsque je me cachais, lorsque je mentais.
Elle sait.
Elle veut continuer avec moi.
Rue Pizay, après avoir traversé le Rhône sur la passerelle du collège, nous sommes entrés dans un resto tex mex que j'avais fréquenté une fois avec mon filleul. Pas cher et très bon, je vous le recommande !
La discussion est partie dans tous les sens, de l'actualité ecclésiale à la vie de famille. "Tu as bien discuté hier ?" fut la seule question posée sur ma précédente soirée. Oui, hier j'avais discuté, le reste ne sera pas dévoilé.
Regards, mains qui se parlent et se caressent, connivence estompée et nostalgique.

Ce soir, jeudi, ma fille m'a proposé d'aller dans un endroit qu'elle aime. Nous sommes donc partis pour un pub irlandais du vieux Lyon.
Nous voilà dans les rues, moi m'arrêtant tous les dix mètres pour faire une photo tout en me demandant de quoi nous allons parler. Elle allumant sa clope et commençant cette discussion banale et si bénéfique.
Assis dans le pub : "ici, on ne te sert pas à table, il faut aller chercher tes boissons". Ha ! Bonne idée ! Ni elle ni moi ne nous sommes levés, nous n'avons donc rien pris, personne ne nous a rien dit.
Echange agréable de questions, de commentaires sur la vie de l'autre. Chacun de nous vit sa relation aux autres de façon forte et entière.
Rigolades, coups d'oeil admiratifs, clopes, partage des petites et grandes choses. Nous nous apprivoisons pour mieux nous aimer.

Demain vendredi, soirée rando roller. Il ne pleuvra pas. J'espère être en forme et trouver des personnes avec qui parler.
Puis, une nuit encore avec Ludo, nuit courte hélas, car le matin il part passer le week end avec ses parents.

Ce sont des soirées qui comptent, toutes différentes, toutes bienfaisantes.

Voilà les GArs, vous en savez un peu plus. Moi aussi.

mardi 19 avril 2005

HABEMUS PAPAM

Les cloches
La fumée
Le protodiacre annonce la bonne nouvelle : habemus papam
et voilà Benoît 16
Et la foule
Il nous applaudit déjà !

Bon, je suis pas entièrement satisfait du bonhomme, va falloir user de foi...

Bonne nuit les GArs !

HABEMUS PAPAM

Je suis vraiment content !
Des images bientôt !

dimanche 17 avril 2005

Quand j'étais petit

je n'étais pas grand.

Le monde était beau, le monde était bon.
La vie coulait, je ne le savais pas,
je grandissais, sans m'en rendre compte.

Un monde sans douleur, un monde sans malheur.

La première rupture vint de l'intérieur,
mon père, ma mère.
Séparés, ennemis. Par ma faute sûrement.

Du courage, j'en avais. Des réponses point.

La deuxième rupture vint de l'extérieur,
les autres ne m'acceptaient pas.
Le monde était beau, le monde était bon.
Le monde s'est écroulé.

Chaque jour devoir serrer les dents,
serrer les poings au fond des poches,
quand ces autres se moquaient,
usant de leur force méchante.

Du courage, j'en avais toujours. Des amis point.

La troisième rupture vint d'une trahison.
Accepter ma différence en cherchant des semblables,
espérant trouver auprès d'eux la force des opprimés,
et découvrir des gens comme les autres,
ni meilleurs, ni pires.

De ces frères si longtemps espérés,
de ces amis confidents,
rien n'a été plus dur que cet espoir débouté.

Ce soir encore en lisant certains mots,
ce monde obscure revient me narguer,
laissant croire à une victoire facile.

Je suis grand, sensible, debout, capable d'émotion et d'empathie.
Le monde a le droit d'être bon et beau.
Chacun y participe du poids de son existence.

Vous aussi les GArs.

Il pleut

Le téléphone sonne.
Ta voix pâteuse me fait comprendre que tu dormais.
Je ne me rappelle plus du code, en fait je n'arrive pas encore à l'apprendre, redis-le moi encore.
Les deux portes de ton appartement sont restées ouvertes. Tu es prévenant. J'ai malencontreusement raté la surprise, je ne te réveillerai pas dans ton sommeil.
Tu restes sur ton lit, je te trouve allongé tout habillé, dans la pénombre de ta chambre. Tu me souris.
Il pleut des cordes, j'enlève mes chaussures et mon anorak mouillés.
Je m'allonge contre toi.

Nos lèvres se trouvent. Je me presse contre toi, à moins que ce ne soit toi.

Tu enlèves le haut, je m'occupe du bas. Je connais mieux le système de ta ceinture que le code de la porte de l'immeuble. Ton pantalon rejoint tes autres vêtements par terre.
Tu soulèves mon pull, nos peaux se collent, chaudes, amicales, complices.
Tu tires sur mon pull, je résiste un peu, puis cède.

Nous nous réfugions sous la couette, corps à corps.

Tu me couvres de baisers, je frémis.
Tu plonges sur moi, je vibre, gémis, ondule sous tes assauts.
Je caresse tes seins, j'emprisonne tes fesses, tu t'appuies sur moi.
Je goûte ton intimité, tu geints sourdement.

Il pleut, la couette a glissée.

Ce soir, je dors avec toi.

Bon voyage alors. Envoie une petite carte postale

jeudi 14 avril 2005

Rapide

Mon pc habituel, celui que je chéris tous les soirs sur mes genoux, est en panne et devrait être réparé demain.

C'est pour cette raison que je me vois dans l'obligation de différer une petite GAterie que j'aimerais vous faire.

Et sans vouloir vous offenser, personne ne trouvera ce que c'est, enfin je crois bien...

Patientez donc quelque peu, votre tour viendra.

Bonne nuit les GArs.

mercredi 13 avril 2005

Slip

J'ai un nouveau slibard !!!

Ils vont pas par trois ? Il est où le troisième ?

Le vôtre est comment ?

Bon, je file faire à manger.

Bien à vous les GArs.

mardi 12 avril 2005

Slip

J'ai un nouveau slibard !!!

Doux, soyeux, noir.

Le truc marrant, c'est qu'il est assez souple pour laisser s'échapper la chose, enfin vous voyez ce que je veux dire ... Si vous ne voyez pas, je peux vous faire une photo.

Et maintenant, je vais l'ôter pour aller me coucher.

Bonne nuit à tous les GArs.

Dans trois mois

- j'ai vraiment envie de toi
- moi aussi, je t'aime
Les corps se mêlent, s'enlacent, se fondent comme en un seul.
- dans trois mois on pourra
- oui, je referai le test, oui et on pourra
Les gémissements se répondent, les souffles s'accélèrent.
- j'ai tellement envie de toi, je t'aime
- oui, entièrement en toi sans barrière
La poussée des reins vient coller le désir de l'un et de l'autre.
- putain comme ça va être bon sans préservatif
- oui, pas de préservatif entre nous, je t'aime
La sueur coulent entre eux et cimente leur passion.
- trois mois encore, oh, trois mois que toi et moi
- oui, je suis à toi, je n'ai besoin de rien d'autre, je reste à toi
Le préservatif est là, séparant les deux corps de sa fine épaisseur, protégeant l'un et l'autre des démons cachés.
- je t'aime, il n'y a que toi pour moi
- je t'aime, je te veux autant que toi, il n'y a que toi
La fine peau est enlevée puis jetée. D'autres viendront prendre sa relève pendant ces trois mois. Ainsi que cette fidélité partagée par amour. Trois mois, et plus de préservatif. Fidélité, amour : adieu préservatif, personne ne te regrettera !
Qui m'avait déjà dit ça ?

samedi 9 avril 2005

Odeur de mec

Je rentre chez moi.
Bises, bises, bises et rebises aux téléphages.
Je me lave les mains, on va passer à table. Chouette ! Des spinash en gratin.
Je prends un bout de pain pour accompagner et...

Ton odeur me rejoint, masquant tout le reste. Tu es là, immédiatement présent. Je respire encore une fois ton odeur sur mes mains, faisant semblant de me frotter le nez.
Et le film de cette après-midi me revient par rushs successifs.
Bien sûr, le premier est en rapport direct avec ton odeur. Le musc délicat et si tenace laissé par cet endroit que j'aime tant visiter chez un homme. Ressentir ton plaisir du bout des doigts, confirmé par ton souffle et tes yeux.
Mon plaisir de visiteur et d'invité est valorisé par le tien.
Comme j'aime cette odeur liée à tant de plaisirs intimes.
Ton corps allongé sur le mien, me survolant, me caressant, parle au mien dans ce langage subtilement tactile.

Bien bon ce gratin, bien bon. Alors cette journée : bien passée ?

Passée dans tes bras, comme tu me l'avais promis. Bien passée, très, elle repasse.
Tu me caresses, me masses. Tu te dresses, me redresses. Je voudrais venir en toi me mettre au chaud de ton corps, je voudrais que tu viennes en moi déclencher des ondes intenses et nouvelles. Ta langue remonte un frisson dans mon dos. Je me répands de bien-être sur ton torse. Tu t'endors enroulé autour de moi et me souffle des mots qui semblent si tendres.

Tu as mangé à midi ? Oui.

Oui, nous avons mangé, mais pas à midi.
Ton lit reçoit nos corps dénudés, enlacés, complices. Mes mains s'imprègnent de ton odeur, mes yeux notent autant de détails que possible. Ma bouche savoure ta peau, tes seins, tes burnes, ta langue.
Je découvre et apprécie. Je me donne et approuve chacune de tes intentions charnelles.

Devant le métro, nous avons du mal à nous quitter. Nous rions. Je fais des photos de ce qui nous entoure, je te montre celles que j'ai prises de toi. Nous rions.

Et ce matin, ta bonne odeur de mec est encore là.