Depuis plus d'un an, M voulait que nous fassions une fête pour nos quatre anniversaires. Et moi, ça ne me disait rien, mais rien du tout. Alors, j'ai fait le canard. Finalement, cela s'est transformé en barbecue estival. Ce qui m'a bien mieux convenu.
Nous voici donc partis pour un barbecue dans un jardin ouvrier.
Le jardin ouvrier, tout un souvenir familial pour moi puisque mes grands-parents en avaient un, certainement pas loin de là, voir juste à côté. Mais l'argent venant, le jardin a été délaissé. Mes parents n'en avaient pas. Et moi encore moins.
Mais les gens chez qui nous allons sont réellement sans argent, alors la possibilité puis l'accession à un jardin pour eux seuls est une véritable aubaine. Une bouffée de bonheur et des légumes à foison, même pour une première année où tout était à faire. Ils en ont mis de l'ardeur pour bêcher, dépierrer, planter, arroser, clôturer ! Pour le moment, ils ne sont pas bénéficiaires, car l'investissement en matériel plombe leur budget. Ce qui ne les empêchent pas de donner de leur production dont nous avons déjà eu des salades, des tomates, des pommes de terre.
Ceci dit, un jardin ouvrier ne présente pas que le côté jardin, on peut aussi, incontournablement, y observer le côté ouvrier. C'est un aspect rugueux des relations humaines, rustique. Il faut parler fort, s'exclamer, se rudoyer, lancer des grands "vois-tu dont ! " et se taper des bières. Les voisins sont interpellés, invectivés par "regarde-le c'te feignasse !" auquel on répond par un "tu t'es pas regardé !". Toujours en rigolant, sans pour autant sourire. Et puis, il y a toute une codification, dont la première est de parler à tous, puis d'employer le tutoiement, même si M trouvait ça difficile. Ici, la plupart des hommes travaillent dans les mêmes ateliers, alors ils se connaissent et n'hésitent pas à se charrier. Femmes et enfants font facilement connaissance et il n'est pas inutile de laisser la petite porte du jardinet fermée pour ne pas être envahi pas des mioches plus collants qu'un caramel humide.
Malheureusement, les doryphores bouffent copieusement les feuilles des pomme de terre et il n'est pas impossible que des vols se produisent de temps à autre. Pour le moment, les limaces n'ont pas fait leur apparition.
Comme dit ma femme, "ils sont simples, mais pas méchants". Simples, certes, mais pas idiots ou insensibles. Pas méchants, peut-être, mais en tout cas menaçants dans bien des propos.
Le barbecue s'est doucement installé sous les parasols et JC s'est occupé de la cuisson des poivrons tricolores et des saucisses merguez. M avait fait cuire des haricots du jardin succulents en salade avec des tomates mures. Les fromages blancs, du supermarché du coin, étaient un régal. Nous avons fini en beauté par un gâteau du pâtissier, lui aussi "du coin", décoré d'un "50x4 = 200 ans". Hé oui, nous avions tous les quatre 50 ans en ce début d'année. Ce qui n'est pas courant, d'après la boulangère. Le vent soufflait de l'air chaud. JC fit sauter son t-shirt au bout d'un moment, montrant ses pecs bonnet B et sa bedaine remplie.
Le ciel se noircit peu à peu, alors que des nuages noirs envahissaient le sud. A la tombée de la nuit, M pris le trident pour nous arracher des patates sur une rangée complète. Elle est généreuse et prit un grand plaisir à retourner la terre. Nous avons eu droit aussi à des tomates un concombre et deux courgettes.
La soirée fut amusante et je retournerai bien faire un barbecue avec eux dans leur jardin ouvrier ! Surtout s'il reste de la clairette de Die et de ce fameux gâteau d'anniversaire format x 4 !
Ce fut un samanche épuisant mais tellement agréable ! 24 heures au Mans, et deux tours de circuit Bugatti en roller.
1173, c'est le nombre de kilomètres que ma voiture a fait entre vendredi et dimanche.
Ensuite, il y a eu le sms de S qui, venant de mon blog, nous souhaitait bonne chance. Ça m'a fait très plaisir. Et les coups de fils à R, à ma femme, et JE² qui venait aux nouvelles que M² lui a donné.
Et encore tous ces beaux mecs, souvent très peu vêtus, qu'il a fallu côtoyer de près. Les filles n'étaient pas mal, bien sûr, mais ce n'est pas pareil...
Franck s'est avéré difficile à cerner car nous nous connaissons peu. Il s'est bien rendu compte que j'avais des idées tranchées et j'espère qu'il a aussi vu que j'avais envie de l'accueillir. Je ne savais que dire face à ses remerciements vers une heure du matin le lundi dans son couloir. Mon Dieu, ça me rappelle la tête que j'ai faite, justement dans le couloir, quand j'ai vu tout ce qu'il fallait emmener et caser dans la voiture.
J'ai bien aimé les voir tous les deux, M² et Franck, se faire des mamours, comme toutes les personnes qui s'aiment.
J'en pleurais presque de voir M² franchir la ligne d'arrivée en me disant que c'était ma fille qui était là et que j'étais aussi là, moi le papa. De toute façon, je suis très sensible aux situations comme ma première entrée dans les tribunes pleines de monde ou l'entrée en roller sur le circuit me font souvent bien des effets qui me serrent la gorge et mouillent les yeux.
Ce fut un grand moment de liberté émaillé de plein de petits bonheurs.
Tout commence par un long voyage à trois dans une voiture remplie comme un œuf. Puis, minuit passé, la voiture se vide dans un camping où la tente est plantée sous la lumière des phares. Point de risque de réveiller les voisins en piquant les sardines, ils sont en plein concours de beuglement ! Malgré le bouchons d'oreille, la nuit sera agitée et très courte. Le soleil matinal tape très fort, et la queue pour une douche est longue comme un jour sans pain. Il faut aussi attendre son tour pour pisser... Quelle affluence ! Premier trajet entre le camping et le circuit pour aller chercher les sésames : puces et bracelet de compétition ou d'accès aux paddocks. Deuxième trajet pour revenir faire la parade des rollers. J'ai pris costume et masque. Personne ne me reconnaîtra, tout le monde veut me prendre en photo, célébrité d'un moment. Enfin la porte du circuit s'ouvre pour laisser entrer quelques milliers de rollers sur la piste. Je sens le poids de cet instant unique pour moi : je roule sur le circuit Bugatti. J'ai une pensée pour mon père qui aimait regarder les courses de voitures à la télé. J'ai mis mes nouveaux K2, je prends des photos. Tout est à découvrir, notamment la piste, les tribunes, les esses. Puis s'est la surprise de la montée jusqu'au Dunlop. Une montée qui me coupe les jambes et vide mon souffle. Une pause s'impose ! Ensuite, ouille, une descente pleine de virages ! Je suis debout sur le frein, évitant de prendre de la vitesse dans mon costume qui vole au vent. Au passage, on regarde la Croix Rouge, on repère le point de ravitaillement en eau, on admire la vue et les couleurs vives des bords de chicane. J'avoue savourer ces instants sans retenue. Le premier tour prend fin et j'hésite à en faire un deuxième à cause de la montée et de la descente. Et puis zut ! Je n'aurais pas d'autre occasion, je poursuis. Avec plaisir en fin de compte. Nous sortons avant la fin du deuxième tour. Je suis en nage sous le costume et je suis bien content de l'enlever.
Il faut s'occuper du premier repas, dont l'intendance a été faite par Franck et M². Tout est parfait et au frais. Ce sera salade de pommes de terre. Je déplace la voiture pour que nous magions à l'ombre de l'unique chêne à cent mètres à la ronde. Nous n'avons pas le temps de faire la sieste car il faut aller au paddock installer tout le matériel. Nos six bras sont surchargés mais ils ne sont pas les seuls. Dans le paddock qui nous est affecté, plus une seule petite place. Je suis déstabilisé, puis je fais le tour des paddocks pour trouver un emplacement. Ce qui est fait juste à côté, contre un point d'eau, en face d'un solo (personne qui court toute seule). Les autres équipes du box ne sont pas toutes là. Le décor est fait de béton, de grille, de carrémat. Il faut jouer serré, mais nous avons assez de place pour trois.
Franck part aux qualifs pour obtenir sa place de départ. J'en profite pour faire le tour des installations. Les tribunes sont gigantesques et pour y aller, il faut gravir tous les étages. D'en haut, la vue plonge à pic sur la piste. Les coureurs s'échauffent sur la piste d'accélération devant les box, d'autres font les qualifs. Le noir du goudron est coloré par les tenues chatoyantes des coureurs qui filent en aller-retrours incessants.
Je prends place dans les tribunes pour assister au départ. Il y a foule, autant en haut qu'en bas. La musique se fait triomphale, le speaker baratine pendant que le décompte s'effectue sur le panneau géant. C'est parti ! Les coureurs courent en chaussette de l'autre côté de la piste où les rollers sont posés dans l'herbe. Les premiers à enfiler les patins seront les premiers à s'élancer à la conquête du Bugatti. En cinq minutes, ils sont tous partis laissant la piste vide, unique fois en 24 heures. Nous n'avons pas longtemps à attendre le retour des trois premiers puiqu'ils sont là 7 minutes trente après le départ. Les autres suivent, par vagues ou individuellement. Franck a disparu dans le troupeau et il faudra regarder attentivement pour le voir enfin. Il tourne en 12 minutes, ce qui est vraiment bien. M² prend le relais à 17 heures. Elle est calme, comme son père, et pousse pour la première montée.
Le départ des 24 heures
Les relais se succèdent toutes les heures ou les deux heures, Franck souhaitant faire un maximum de kilomètres il tourne deux heures d'affilée. Les autres équipe du box sont plus nombreuses, les relais se font à chaque tour. Au fil du temps, nous commençons à discuter avec l'un ou l'autre. Les français s'avèrent très sympas, les danois et les tchèques plus hermétiques. Je mitraille et tombe souvent sur des scènes un peu surréalistes de personnes allongées dans toutes sortes d'endroit, dans des positions qui ne semblent pas forcément confortables. Les box sont pleins et le nôtre échappe heureusement à cette règle. Beaucoup d'équipe ont créé leur propre tenue, tout comme la nôtre. C'est souvent amusant, comme les rasta rockets ou plus sérieux comme le don du sang. Les équipes d'entreprise, les clubs, les étudiants, les militaires ou les pompiers, tous se relaient et le mouvement est incessant, très bordélique, continu.
Je rentre au camping pour faire à manger. Ce sera des pâtes à l'eau. R me donne des nouvelles au téléphone et je lui parle des voisins qui prennent un bain de soleil juste à côté. Je suis rassuré de l'entendre. Je mets dans un sac à dos le repas et de quoi s'habiller pour les heures froides de la nuit. Après le repas mangé avec plaisir, Franck est obligé de faire une longue pause pour raison technique. Tant pis pour le record, il lui est impossible de reprendre le tour. M² doit se reposer aussi, l'équipe reste au paddock avec regret mais philosophie. Les autres compatissent et disent, avec comme une lueur d'envie, qu'il faut être dingue pour faire les 24 heures en duo. Que dire alors des solos ? Finalement, au bout d'une heure et demi, Franck peut repartir. Au tour d'après, tout semble être rentré dans l'ordre, M² fera le relais à minuit. La nuit tombe mais il est impossible de dormir vraiment. M² roupille quand même sur le lit de camp, sous l'admiration de nos gentils voisins. Entre temps, je retourne au camping chercher des platines pour Franck. Au retour, je suis agréablement surpris par un feu d'artifice fêtant les dix ans. Fatigué, je pars dormir au camping vers deux heures du matin. Je prends une douche, sans faire la queue cette fois-ci. Vers six heures et demi, malgré les bouchons dans les oreilles, je suis réveillé par un cris. Il faut dire que nous sommes pas loin de la piste et que les supporters se relaient aussi pour encourager les coureurs. J'aurai dormi quatre heures, c'est déjà bien.
Le petit matin est frisquet quand j'arrive au paddock avec les petit dèj. J'ai pris mes rollers pour pouvoir me dégourdir les jambes et aller un peu plus vite. La descente sera facile, mais la montée au retour me fera grimacer. M² est debout, un peu frigorifiée dans le soleil rasant. J'ai oublié le Nutella, nos gentils voisins nous passent leur pot. Les visages sont un peu tirés et froissés. Mais loin d'un grand calme, les paddocks fourmillent. D'ailleurs, rien ne s'est arrêté, même si les équipes se sont généralement dédoublées pour permettre de dormir en alternance. Ceci est impossible pour les duos et les solos. Franck tourne et sera content de faire un plongeon dans le pot de Nutella. Je demande à une charmante voisine si elle peut nous donner de l'eau chaude. Elle le fait gentiment avec un grand sourire et nous plaisantons un moment. La matinée passe, je retourne chercher le repas de midi au camping. J'en profite pour ranger l'intérieur de la tente dans la chaleur étouffante. Tout le monde mange avec appétit, mais pas les pruneaux distribués au petit matin avec le journal local. Personne ne fera la sieste, mais le duo s'arrête un peu pour aller au village voir les démos de slalom et faire des achats de posters. Un aller-retour au camping permet à M² et moi de poser des affaires inutiles.
C'est M² qui fait le dernier tour de piste. Elle y va juste avant que les relais soient clos. J'espère qu'elle n'arrivera pas avant la fin, sinon elle devra faire un autre tour de 4,180 km, ce qui sera très pénible avec la fatigue et une malléole qui n'en veut plus. Mais elle est maline et fait une pause suffisante, et nécessaire, au "Dunlop". D'autres font comme elle et les discussions vont bon train. Je monte dans le tribune pour ne pas rater la fin des 24 heures. Le speaker est revenu et nous inonde de "rollerrrrrrrr" avant de scander le compte à rebours. En même temps que le zéro sur l'écran géant, le 24:00:00 s'affiche sur le compteur. Ça y est, c'est fini ! Applaudissements, cris, sifflets. Les tribunes fait un tollé. Chaque coureur reconnu enflamme tel ou tel groupe. J'attends M² qui arrive enfin, décontractée. Elle passe presque sous la drapeau à damiers agité face au compteur qui est repassé à zéro. Elle retrouve Franck qui s'était placé à l'arrivée. Ils ont l'air contents.
La foule quitte le site et nous faisons nos paquets. Franck est chargé comme une bourrique. Il faut rendre les puces et faire la queue. Je rentre seul au camping. La caisse que je porte, pleine et lourde, s'ouvre brusquement par le fond. Tout dégringole dans le sable, pain d'épice en premier. On me vient en aide et les campeurs devant qui le chargement s'est répandu me donne un carton. Merci ! Je retourne ensuite aider les deux autres au transport du matériel. La cohorte des participants s'écoule dans le tunnel de la passerelle. Il faut tout ranger dans la voiture et plier la tente. Il fait bien trop chaud. Ce n'est que bien de kilomètres plus tard que nous nous rendrons compte que les posters ne sont pas dans voiture. Nous ne comprenons pas ce qui s'est passé car nous avions bien vérifié de ne rien laisser sur l'emplacement. Déjà, d'autres campeurs ont plié et sont partis. Je les envie. A notre tour, enfin ! Nous faisons une pause pipi puis un petit bouchon pour sortir du camping. Au lieu de tourner à gauche, je suis bêtement les autres voitures et nous roulons dans la campagne, empruntant même des bouts du grand circuit du Mans. Je ne me crois quand même pas au volant d'une F1. Puis, c'est le retour. Les paupières sont lourdes, il faut tenir. A l'arrêt du repas, nous retrouvons des personnes qui viennent des 24 heures. Le contact est toujours aussi simple et sympa. Puis les kilomètres défilent lentement. Un arrêt à Paray est obligatoire pour fermer les yeux pour de bons. Je n'en peu plus mais ne peut demander à M² ou Franck de prendre le volant car je pense qu'ils sont encore plus crevés que moi.
Je suis dans mon lit vers deux heures du matin, pour une petite nuit de ... cinq heures.
Tous les participants aux 24 heures rollers s'accordent pour dire que cet événement est exceptionnels et riches de rencontres. C'est vrai. J'ai même pu retrouver toute la bande des lyonnais de Génération Rollers. Nous nous sommes fait des amis, c'est sûr. Pour ma part, en dehors de la fatigue à la hauteur de ce que j'avais imaginé, j'ai eu quelques moments d'émotion pure, tant au départ de la course qu'à l'arrivée en voyant ma fille M² finir la course. Et aussi un grand plaisir de me retrouver à rouler, brièvement, sur le circuit mythique du Mans. L'organisation n'a jamais fait défaut, ni le pq, et l'esprit d'entraide est une réalité concrète dans les paddocks et sur la piste.
M² et Franck ont fini la course avec 80 tours en 470ème position sur 531. Record battu pour Franck : bravo pour le courage et la performance !
Pour la prochaine, nous recrutons des coureurs et des accompagnateurs.
Samedi matin, petite rando roller sur le circuit Bugatti. Puis entre samedi et dimanche, ma fille et son copain font les 24 heures roller. Ce sera grandiose.
Elle souhaitait rassembler ses amis, alors elle les a invité pour un petit repas partagé. Oh, elle est simple et pas du tout fortuné, les amis ont donc apporté chacun un plat du repas. Elle n'a rien laissé au hasard, chaque détail compte, chaque invité aura droit à une intention particulière et délicate. Plusieurs anniversaires ont été fêtés avec des gâteaux, des bougies, des fleurs, des chants. Et comme c'était la fête des pères, tous les papas ont reçu un petit paquet de chocolats décoré d'un cœur doré. Chacun a un peu parlé de lui, pour que tous fassent connaissance. Et tous ont chanté, parfois à tue-tête. L'après-midi a vite passé, les amis sont repartis, elle a ramené son bouquet de fleurs dans son trois pièces cuisine.
Elle est radieuse et ne laisse pas paraître, lorsque son corps la malmène, la douleur physique. Elle sait toujours accueillir, écouter, proposer avec un sourire. Elle sait être présente mais jamais ne s'impose.
Le petit est rentré, son épreuve écrite du bac derrière lui. Toujours aussi sûr de lui, toujours trop sûr. Peut-être exprime-t-il par ce côté fanfaron qu'il est soulagé que cette partie soit faite, mais j'en doute. En discutant avec lui, il me semble qu'il a pu creuser ses sujets. Espérons que le correcteur sera sensible à sa prose.
Ça y est, le petit est parti pour passer le bac de Français. Il était calme, comme d'habitude et espère avoir au moins un 12 sur 20. Souhaitons-lui bonne chance, car rien n'est gagné d'avance.
Nous voilà, R et moi, sur des destriers rouges, à filer sur les quais de Lyon, cheveux au vent. Nous avons cherché une écurie pour y poser nos montures, et ce n'est qu'à la cinquième qu'un palefrenier-bear nous a fait de la place. Puis ce fut la longue ascension du bord de Saône jusqu'au plateau croix-roussien. Bonjour les fessiers le lendemain... Et toujours autant de plaisir à discuter et découvrir avec R les détails de Lyon.
Notre but ultime était une petite salle de théâtre où Lollah jouait dans une pièce intitulée "un dimanche en famille". Lollah est une flickresse que je connais de longue date et dont les photos m'ont toujours plu. Je ne la connaissais d'ailleurs qu'à travers ses photos.
Nous nous sommes installés dans une petite pièce déjà bien chaude en cette fin juin. Elle fut bientôt rempli d'un public jeune et de toute évidence conquis d'avance. Lorsque le rideau ne s'est pas levé sur le premier tableau, nous avons pu comprendre que nous allions rire sans même entendre une seule parole.
Les scènes se sont succédées à un bon rythme, sans jamais lasser. Les personnages étaient tous très différenciés, même typés, et les accessoires apportaient aussi leur touche de gaieté. Lollah cachait les yeux de son oie lors des passages atroces.
"- Qu'est-ce qui me dit que vous êtes un vrai médium ? Donnez-moi une preuve ! - Comment vont vos hémorroïdes ? - Mmm merci, elles vont bien..."
R se tenait les côtes et enviait mon bermuda tant la chaleur était suffocante. Les voisines derrière nous se préoccupaient des accessoires dont certains semblaient venir de chez elles, comme le lampadaire. La muerte aspirait les âmes des défunts avec un aspirateur de table vert made in China. Le médium gesticulait avec de grands mouvements emphatiques amplifiés par ses manches. Le mec en rose faisait de la prose accompagnées de gestes et de mimiques comiques et efféminés.
Après les applaudissement, nous avons filé dans la rue retrouver la fraîcheur et respirer un bon coup. Lollah y est aussi venu et s'est avec plaisir qu'elle ma reconnu, grâce à nos photos, et nous avons pu, enfin, nous faire une bise et discuter "pour de vrai". Elle est tout à fait aussi sympa que dans ses commentaires et bien agréables. Nous avons poursuivi un verre à la main devant un apéritif garni. J'ai même pu discuter avec deux autres flickeriens dont le visage de l'un ne m'était pas inconnu.
Cette pièce de théâtre m'a vraiment plu, et je suis un public difficile qui ne rit pas facilement.
R et moi sommes redescendus du plateau par les pentes, photographiant à tour de doigt, puis reprenant un vélo pour descendre le Rhône sous les platanes des quais. La nuit était chaude. Nous avons mangé une salade chez R, tout simplement.
C'est comme ça, je ne peux envoyer de sms avec mon téléphone. Et je ne m'en plains pas, bien au contraire. Par contre, j'en reçois parfois, comme ceux de S ou ceux de Yann il y a fort longtemps. Je les garde. Je suis assez conservateur sur ce plan.
Mais, maintenant, je reçois des sms dont je ne connais pas l'émetteur. Par exemple :
Rapèl stp
ou bien
Slt c percos, alr t va acheter koi dmain? Rpn sur mn tel
Houlàlà ! je ne supporte pas le style sms pas plus que les fautes de français. Mais pourquoi rappeler quelqu'un qui ne se présente pas ? Et qu'est-ce que je vais raconter à un autre inconnu ce que je pourrais acheter "demain" ?
Autant le dire, il ne faut JAMAIS rappeler un numéro de téléphone qu'on ne connaît pas, message ou pas. Parce que là, ça sent la grosse facture de téléphone.
Et puis, ce genre de message n'est pas du tout... sexy. Ils me laissent de marbre.
Je ne bouderai pas ma satisfaction devant le 19/20 qu'un de mes clients m'a attribué ce matin en réponse à une enquête de satisfaction. Je bouderai encore moins son commentaire élogieux, ni le commentaire du commentaire. Ça fait du bien de recevoir des félicitations.